mercredi 2 avril 2014

ANNA P. FEMME NON RÉ-ÉDUCABLE: Connais-tu ton Vladimir ?

1969

2014




                                     http://www.liveinternet.ru/users/2363719/post112476375/


L'AIGLE DU CAUCASE

Nicolas Sébastien Adam (le Jeune)
entre 1731  et 1762
Musée du Louvre


Le JAB a trois fonctions principales: 

1) garder l'adversaire à distance
2) gêner l'adversaire dans ses démarches
3) et surtout permettre une construction du jeu offensif (préparer une suite d'actions pour trouver des     ouvertures)

Source: wikipedia





On ne prend pas réellement plaisir à voir une pièce sur l’assassinat d'Anna Politkovskaïa, née à New-York de parents diplomates russes, qui n’a pas eu peur de se mouiller en rapportant les combats et les injustices auxquels elle a assisté en tant que journaliste. ANNA P. FEMME NON RÉ-ÉDUCABLE, nous a transportés de notre chaise du théâtre PREMIER ACTE directement sous le grill de ce four chaud qu'est le Caucase.




Ce que l’on savait déjà sur elle, ce que l’on a su de plus, ce qui nous a été donné de voir en live, ce qu’on a pu ressentir, pressentir: le bien, le mal, le dégoût, l’espoir, la faim, entremêlés dans le ruisseau de la peur. Accompagnant l’odeur persistante et alléchante des pilons grillés: celle du sang, de l’encre, du papier, du sel des larmes séchées. Olivier Lépine a réalisé cette mise en scène pétante de vie et de violence, remplie de morts, de viols et d'exactions de toutes sortes. Il a admirablement bien dirigé les six comédiens qui semblaient très à l’aise d’interagir avec un public à la portée de leurs répliques.


Photo: courtoisie PREMIER ACTE

Le quizz CONNAIS-TU TON VLADIMIR ? en a fait preuve. (En passant, Vladimir a 61 ans et mesure 5 pieds 5 pouces). Olivier Lépine a également fait la scénographie, fertile en rebondissements de toutes sortes avec deux super écrans propagandistes, quelques postes de télé neigeux, un bassin d’eau tombeau/berceau, des feuilles de journaux délivrés aux portes de l’actualité, de la vodka embouteillée dans les gosiers, des draps tachés du sang des armes qui font taratata, de la boucane qui donne aux lumières, tantôt dépouillées, tantôt révolutionnaires, un relief gonflé au brun noir du sang qui revolait un peu partout... 



La vraie Anna P.

Le jour où l'on a appris sa mort

https://www.youtube.com/watch?v=DeCVx7PRthw


Les comédiens formaient à eux six le personnage d'Anna P., ils nous l’ont tous et toutes dépeinte à travers ses écrits qu’elle nous aura laissés pour la postérité. Je dois avouer que j’ai cependant eu un petit faible pour la Anna jouée par Xenia Chernyshova, de nationalité ukrainienne, connue également pour faire partie des FEMEN, elle était bouleversante de vérité. Ce rôle lui allait comme un gant (de boxe). Ses jabs historiques pour mettre KO un système russe de plus en plus corrompu resteront gravés dans nos mémoires longtemps. La méthode du poison dans le thé ne l’ayant pas tuée, on aura plutôt préféré employer celle d’un prince des ténèbres anonyme pour la mettre hors d’ondes à tout jamais...




Le " lutteur " de la Tchétchénie






ANNA P. FEMME NON RÉ-ÉDUCABLE

PRODUCTIONPortrait-Robot
TEXTE: Stefano Massini
TRADUCTION: Pietro Pizzuti
TEXTES AJOUTÉS: Équipe de création
MISE EN SCÈNE: Olivier Lépine
SCÉNOGRAPHIE: Olivier Lépine
ASSISTANCE À LA SCÉNOGRAPHIE: Julie Lévesque
LUMIÈRES: Caroline Ross
MUSIQUE: Josué Beaucage

DISTRIBUTION

Ariane Bérubé
Xenia Chernyshova
Eliot Laprise
Jean-René Moisan
Maxime Perron
Annabelle Pelletier Legros
  



 Et dire que Vladimir n'a que 61 ans...et que ça cote monte encore...




Photos de PREMIER ACTE:
https://www.flickr.com/photos/50973761@N08/sets/72157642298027185/with/13128488333/




La Tchétchénie à Moscou


La Tchétchénie à Boston




OCTOBRE ROUGE
AVRIL SANGLANT

On ne peut pas ne pas y penser

Ils sont là,
juste à côté de nous

sur le trottoir,
dans le bus

AU THÉÂTRE

dans les avions,
sur les bateaux,
sous l'eau
sur terre
dans les berceaux
et les cimetières

elquidam
2 avril 2014


R.I.P. Anna


mercredi 26 mars 2014

FROZEN (OCÉAN ARCTIQUE): Le fils de l'anarchie


Photo: Nicola-Frank Vachon





Une petite laine pour réchauffer les âmes de Rosie et de Ralph.
Et pour Nancy et Agnetha, des ciseaux. Pour les couper d'eux.


La première fois où j’ai entendu parler de FROZEN (Océan Arctique), c’était lors du lancement de la saison 2013-2014 du Théâtre de La Bordée, il y a donc environ un an de ça. Après que Jacques Leblanc, le chaleureux maître de ce théâtre abordéable et si bienveillant, nous ait parlé du sujet de la pièce, et qu’il ait prononcé le nom de celui qui interpréterait le rôle de Ralph, kidnappeur et tueur d’enfants, mon cœur n’a fait qu’un bond: Éric Leblanc jouerait donc dans cette pièce de Bryony Lavery, dans une mise en scène de Jeremy Peter Allen, mais que nous ne verrions que dans un an environ, soit le 20 mars 2014. Aujourd’hui, le mercredi 26 mars, je puis écrire que la longue attente en a aura valu largement la peine…et le bonheur…




Le jour même, nous apprenions, ô malheureux hasard, que Guy Turcotte aurait droit à un nouveau procès pour le meurtre de ses deux chérubins.Triste réalité, s’il en est une, que de se faire enlever si odieusement ceux et celles que nous chérissons le plus au monde et pour qui nous aurions donné notre vie en échange de la leur, ne serait-ce que pour apaiser temporairement la folie de ces tueurs terrorisant la chair de leur chair. Mais l’ex-cardiologue, n’étant pas vraiment un tueur en série, quoique ce qu’il a fait a vraisemblablement contribué à éliminer une partie des bons sentiments qui devaient l’animer alors qu’il jouait consciencieusement dans le cœur malade de ses nombreux patients, demeurera encore pour longtemps un sujet vif d'incompréhension totale pour la plupart d'entre nous qui ne pratiquons ni médecine et encore moins la psychiatrie.



CHANSON DU MAL-AIMÉ
(Guillaume Apollinaire)



Il aura fallu vingt ans avant que le tueur de la petite Rosie, 10 ans, se fasse prendre. Mais il n'aura fallu que quelques heures à peine, après que Nancy, la mère affligée, le rencontre face à face dans sa cellule, pour qu’il aille se pendre, meurtri lui-même par les gestes qu'il avait commis. Un triste histoire comme on en entend parler souvent. J'ai eu une pensée pour Cédrika Provencher, qui attend peut-être elle aussi en quelque part qu'on la retrouve sous un épais manteau de neige ou dans un sous-sol désaffecté...





Marie-Ginette Guay, avec son immense talent, nous aura hautement émus, encore une fois. C’est toujours une belle douleur que de la voir se donner autant pour nous. Sa modestie nous a tenus en haleine jusqu’à la toute dernière réplique. Nancy Bernier, en Agnetha psychiatre chercheuse tâteuse de pouls dedans la tête, nous en a fait voir de toutes les couleurs avec ses propres bibittes. On se pose un tas de questions après avoir assisté à une telle pièce: Que vit celui ou celle qui nous soigne ? Que peut-il apporter de plus humain à celui ou celle qui se retrouve seul ( e )  à nager en rond dans sa cage de glace avec les esprits malicieux de la folie passagère ? Où se terre, le temps d’une conversation amicale, cette chaleur humaine qui pourrait faire fondre le malheur de l’assaillant ou encore la douleur de l'assailli ?



Photo: L.Langlois, mars 2008


Quand la neige et le gel recouvrent la devanture de ta maison,
que tu cherches la porte, les fenêtres et le perron;

Qu'après l'hiver et le vent tu sacres,
que tu balaies encore tes marches,
 Affûte donc, à tort ou à raison,
 le fer froid de ta hache,
pour y faire fondre en quatre
tes murs de glace 

L.L.


Crâne de glace




Un enfant naît supposément innocent, mais qui sait ? Qui sait si les eaux dans lesquelles il a nagé pendant sa gestation n’étaient pas souillées par l’alcool, la drogue, le tabac, les coups de poings sur la gueule, les coups de pieds au ventre, les brûlures aux bras, les engelures aux doigts, les viols répétitifs du père ou l'inceste de la mère ?  Qui sait ? Qui sait vraiment ? Agnetha le sait.





Lundi dernier, j’ai eu le privilège furtif de rencontrer Éric Leblanc lors du lancement de la saison 2014-2015 du Théâtre Périscope. Parce qu’il sera du PÉRIPLE en septembre prochain dans l’autobus jaune d’Agnès Zacharie. Un autre privilège qui me sera accordé, soit celui de faire partie des 32 spectateurs  « à la fois » qui, je le pense, auront une autre de ses doses d’émerveillement à se faire shooter dans le ciboulot ! Quoi de plus pur, et moins dur, que des marionnettes miniatures pour manipuler le Verbe avec des mains habiles de magiciens ? Nous avons échangé quelques mots avec deux autres spectateurs qui avaient vu FROZEN eux aussi. Nous avions également de beaux becs bien sucrés ;-), c'est que la tire d'érable chaude coulait à flot sur la neige bien encastrée dans le rectangle glacé de cet fin d'hiver...infinie...Nous étions alors moins sur nos gardes et bien loin de l'Écosse, de Ralph et de Rosie...« Bonjour, là, bonjour ! »







Six minutes pour explorer le cerveau d’un tueur en série





Photos de la pièce: Nicola-Frank Vachon
http://nfvphotography.wordpress.com/2014/03/05/frozen/




Photo: Denis-F. Doyon, dit Le Coyote inquiet, mars 2014

J'entends de près le craquement de ton pas au loin,
je vois la lumière dans le fond de ton âme de glace;
Je touche presque au bout de la corde de ton cœur,
Je passe avec le vent, sous le pont de tes malheurs.

L.L.







samedi 22 mars 2014

MOIS D'AOÛT, OSAGE COUNTY: Un bijou de famille




LIFE IS LONG
T.S. Eliot


HERE TODAY GONE TOMORROW
SILVERSTEIN



There is a place where the sidewalk ends
And before the street begins,
And there the grass grows soft and white,
And there the sun burns crimson bright,
And there the moon-bird rests from his flight
To cool in the peppermint wind.
Let us leave this place where the smoke blows black
And the dark street winds and bends.
Past the pits where the asphalt flowers grow
We shall walk with a walk that is measured and slow,
And watch where the chalk-white arrows go
To the place where the sidewalk ends.
Yes we'll walk with a walk that is measured and slow,
And we'll go where the chalk-white arrows go,
For the children, they mark, and the children, they know
The place where the sidewalk ends.



Photo de famille: Théâtre du Trident

https://www.youtube.com/watch?v=DwGySQT4a7c



L’une des pièces les plus attendues de cette éclectique saison: MOIS D’AOÛT, OSAGE COUNTY, avec une ribambelle de fabuleux comédiens et comédiennes de Québec, dans une mise en scène des plus colossale, celle de Jean-Philippe Joubert, alimentée d'un décor maison signé Monique Dion, éclairée par un génie de la lampe, variateur de lumière douce ou intense, Sonoyo Nishikawa, et de la musique LIVE, celle de la phénoménale Émilie Clepper. La voici dans LAKE GENEVA, l'une des huit superbes chansons qu'elle a faites devant nous, public en transes...





La lumière des plaines, les amours tordus, les amours secrètes, la mort au fond des bouteilles, d'alcool ou de pilules, la vie au bord des lèvres secs ou pulpeuses, les regards déviés, la courbature des reins, la rondeurs des seins, les cheveux blonds, les cheveux gris, c'est la famille Weston, faite d'éclatements, de rapprochements, d'arrivées et de départs. Violet et ses filles, Barbara, Ivy et Karen, avec le fantôme omniprésent de Beverly, mari, père, poète, alcoolique, pivot central en quelque sorte de cette super comédie dramatique, nous ont complètement absorbés  dans leurs histoires à ne pas dormir debout.

LES FEMMES: Marie-Josée Bastien, éclatante, Véronique Côté, blousante, Érika Gagnon, magnanime, Marie Gignac, tordante, Marianne Marceau, pétillante, Chantal Dupuis, rafraîchissante et Paule Savard, époustouflante ! LES HOMMES: Réjean Vallée, bienveillant, Marco Poulin, énergique, Nicolas Létourneau, fascinant, Normand Bissonnette, hallucinant, Emmanuel Bédard, affable et Jack Robitaille, consistant.

Trois heures trente, avec entracte, qui ont défilé mur à mur à la vitesse de la lumière dans nos petites têtes fin prêtes à se faire remplir de ce monde bâti de secrets, de blessures et d’amour. Et pour rien au monde nous n’aurions voulu autre chose que de faire partie de ce magnifique chaos d’émotions pures. Ça fait du bien de se voir dans un miroir à deux faces…de temps en temps...HERE TODAY GONE TOMORROW...






Merci à la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, qui a eu le flair heureux de nous présenter cette pièce fleuve de Tracy Letts, prix Pulitzer 2008. Mr Letts, né à Tulsa en Oklahoma, est fils d’auteur et d’acteur, il est également acteur (boss de la CIA dans HOMELAND entre autres) et scénariste. Et c'est ce soir, deux semaines passées après avoir vu son oeuvre, que j’apprends via wikipedia l'authentique fin de l'histoire, celle du père et du fils...

Dennis Letts originated the role of Beverly Weston in the original production of August: Osage County, which was written by his son, Tracy LettsHis character is described as an " Oklahoma patriarch " whose mysterious disappearance reunites his dysfunctional family. August: Osage County first opened at the Steppenwolf Theatre Company in the summer of 2007. The show, as well as Letts's performance, was a critical success. Letts was diagnosed with lung cancer in September 2007. Despite his diagnosis, Letts chose to remain with the August: Osage County production as the show moved to New York city. The show, with Letts as a full cast member, debuted on Broadway in December 2007. It earned some of the best critical reviews of that particular season. Letts continued performing eight shows a week of August: Osage County in New York City until February 2008. He kept up his schedule despite his illness and its treatment. Letts died in Tulsa, Oklahoma, on February 22, 2008, at the age of 73. A memorial service was held in Wagoner, Oklahoma. He was survived by his wife, Billie, and sons, Tracy, Dana and Shawn.


Dennis Letts, Billie Letts, Tracy Letts


OSAGE COUNTY, c’est aussi Québec, Rivière-du-Loup, Regina, Mégantic, L'Isle Verte, Laval, Burlington, Issoudun, Laurier Station, Rimouski, Roberval…Et les Plaines, le Fleuve dans le long en large de notre Hiver interminable...



Rue St-Joseph Est, Basse-Ville de Québec, 
le 20 mars 2014
Photo: L.Langlois



MOIS D'AOÛT, OSAGE COUNTY en répétition





Au pays de Beverly Weston
là où il avait vécu...dans une Pontiac

GHOSTS OF OSAGE COUNTY, OKLAHOMA




OKIE

VIVRE DANS UNE VOITURE

TRIBU DES OSAGE











dimanche 16 mars 2014

ACT OF GOD: La fine fleur de l'arbre de vie






LE COULOIR DES OURAGANS




Depuis l’odeur des racines profondes
Celle des champignons qui sauveront peut-être le monde

Des enfants d'oubliés
Des enfants de cédés
Une femme voilée...

Le boum boum des bombes
La catastrophe des silences

Le mur mitoyen des amis d’à côté

Les coups durs
Les coups bas
Les couples en plein célibat…

Tout ceci tout cela
Que feras-tu de tes toi ?
Que feras-tu de tes émois ?

Une fille qui saute sur le toit
Un train qui passe et repassera

Sur la tête d’un champignon sauveur d’humanité
Quelqu'un qui lui prodiguera un coup de pied...

Dans la forêt des mal-aimés
Dans le désert des lapidées
Il y aura du sang sur nos doigts, on le sait
Mais aussi du miel, de la farine et du lait

L.L. au  soir même de la pièce (11 mars 20-14)



« JE NE CONNAIS PAS LE NOM DE TOUTES LES FLEURS » ...



 « Chaque enfant a le droit d'être aimé et protégé »

Photo: L.Langlois, mars 2014




(Fine) fleur (de farine). 

− Région. (Canada). Synon. de farine.Le lundi matin on ouvrait une poche de fleur et on se faisait des crêpes plein un siau (Hémon, M. Chapdelaine,1916, p. 75).

La mort de François Paradis
Clarence Gagnon, 1932 

BRÈCHE: n.f. Ouverture pratiquée irrégulièrement dans un mur, dans une clôture et par où l'on peut pénétrer. Trouée faite dans une ligne de défense, un front, des troupes. Ouverture ou cassure produite par des fragments de matière enlevés.

Larousse


MICHEL NADEAU et MARIE-JOSÉE BASTIEN, du THÉÂTRE NIVEAU PARKING,  en collaboration avec le THÉÂTRE BLANC, nous ont défriché une de ces pièces souches  comme on les aime A. et moi. Un magistral coup de poing sur la gueule de l’âme. Un point d’interrogation sur certains de nos bons mauvais côtés d’humains. Une leçon de résilience face aux catastrophes d'un quotidien errant entre la vie et le suicide. Une immense brèche de réflexion dans un territoire large comme notre monde, celui qui nous relie tous ensemble ad vitam eternam...

ACT OF GOD, un peu comme l'ont fait L’AFFICHE et ANGOISSE COSMIQUE OU LE JOUR BRAD PITT FÛT ATTEINT DE PARANOÏA, nous a ébranlés par son côté social et c’est ce qu’on aime le plus quand on assiste à un événement de la sorte. On en ressort échevelés, lessivés, mais tellement comblés. Nos attentes ont été pleinement atteintes.

HUGUES FRENETTE, avec toute l’humanité qu’on lui connaît, m’a littéralement coupé le souffle avec ses mots à propos de la photo porte-malheur. Quelle magnifique tristesse on pouvait lire dans son regard empreint de félicité. Des larmes ont perlé dans le coin des yeux voisins du nez…Il était temps que la pièce achève avant que le cœur n’en crève…VÉRONIKA MAKDISSI-WARREN, encore une fois ensorcelante, magicienne, avec ses touches humoristiques, qui fait trembler le profond des émotions. Une pure jouissance que de la voir jouer. Elle nous avait complètement envoûtés dans le splendide DÉTOUR DE CHANT il y a quelques semaines chez PREMIER ACTE...CHRISTIAN MICHAUD, qu’il fait toujours autant plaisir de retrouver à cause de son côté rebelle sensible, pour le velours et le fer de sa voix unique, pour le sauvage autant que le domestiqué, pour la grâce de sa délinquance, pour l'intensité de son jeu, pour le pacte de sang chaud qu'il semble avoir fait avec elle afin d'être toujours rempli de cette ardeur qui le caractérise tant et si bien...CHARLES-ÉTIENNE BEAULNE, qui devient au fur et à mesure de ses brillantes prestations ce monstre de théâtre qui vous emporte toujours un peu plus haut et loin de par la prodigalité de son jeu, qui sait tout autant nous attendrir que nous faire rire, qui, on le voit très bien de notre fauteuil, dégage de cette chaleur réconfortante qui enveloppe la scène et nos esprits...DANIÈLE BELLEY, une parfaite gestuelle, avec du chien, du charme, de l’émotion plein la gueule, un pur ravissement que de la voir « danser » ses rôles. MAUD DE PALMA-DUQUET et CAROLINE B. BOUDREAU, pour la puissante maîtrise de leurs différentes expressions dramatiques, pour la beauté de leur transparence, pour leur intelligence...

Photo: Nicola-Frank Vachon


Les costumes, tout en nuances de gris de Sébastien Dionne, les éclairages magiques de Sonoyo Nishikawa, qui s'accordaient à merveille avec le son des bombes, la musique d'émotions de Philippe Brault, ont largement contribué à mettre en valeur non pas que les accessoires qui formaient le décor multifonctionnel et ingénieux de Christian Fontaine mais l’humain qui les crée et les manipule avec toute la dextérité qui incombe à l’acrobate qu’il est en réalité.




Photos de répétion par Nicola-Frank Vachon

http://nfvphotography.wordpress.com/2014/02/12/act-of-god-repetition/



Et...VIVRE ENCORE






Le sens de l'arbre de vie tel qu'il est perçu dans les différentes religions, les systèmes de croyances et de cultures résonne avec un message simple et fort d'unité. Ce symbole indique que toutes les formes de vie sont reliées par une énergie cosmique et que nous, les humains devons vivre en harmonie avec le reste des êtres vivants.






Photo: L.Langlois, 11 mars 2014

http://www.aqps.info/


Merci pour l'extrait de commentaire sur l'affiche publiée dans le VOIR.










DÉTOUR DE CHANT: Trop fou trop fin


 photo: Gabriel Talbot Lachance



J'arrive d'un magnifique spectacle...Je peux pas me décrocher le sourire de la mâchoire. Une heure et quart de petits délices et de grands moments. Vraiment beau et touchant...ÇA se termine le 1er mars! Détour de chant.


TROP FIN TROP FOU TROP TOUT ON EN AURAIT REPRIS UNE AUTRE GORGÉE.

Commentaire facebook en réponse de celui ci-haut de Pierre Robitaille, le soir du 25 février 2014, au retour de ce superbe spectacle.




MANCHE DE PELLE 
(paroles: Réjean Ducharme)



Via les collages de textes de Geneviève Tremblay, Réjean Ducharme encore une fois revenu hanter un théâtre de Québec, celui de chez PREMIER ACTE. Ils étaient sept beaux fous-fins à nous l’avoir fait chanter, enchanter, enfanter, réinventer. Dans un superbe décor apparenté à ses subliminaux TROPHOUX, une foule full habillée de tuques, de foulards, de mitaines, de gants, de robe de mariée. Il y flottait comme une odeur de jeunesse bien de chez nous, du vieux chant d'une certaine alouette en colère, en détresse. Un vent de paresse fait de vieux rêves à faire deboutt de nuitte comme de jour…Un monde fait de plongeurs, de putes, de vieux d’aujourd’hui, d’enfants d’avenir, un monde allumé de déjantés, de courailleux, de buveux de bière…un petit bonheur....








Les spectateurs, assis ou debout parmi les acteurs, encore une autre brillante idée. C’est Jean-Sébastien Ouellette qui a brillamment mis en scène toute cette bande de beaux fou-fins. Joëlle Bond et Paul Patrick Charbonneau m’ont particulièrement émue avec leur chant de solitude, Véronika Makdisssi-Warren, fascinante avec sa voix qui vous promène exactement là où vous êtes, Stéphane Caron qui l’a trouve aussi belle qu’un arbre, Nicola-Frank Vachon, qu’il faisait vraiment plaisir de revoir sur scène, avec son tour de l’arbre en bécyc, Claudiane Ruelland, sa doublure, sa complice, toujours aussi convaincante, et Patrick Ouellet, qui a signé les musiques originales de cette fabuleuse fête de quartier. Et vive les amours amours carottés ! Même si...HOSTIE QU'CEST DUR !











Vu quelques heures avant la pièce, à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval, l’INSTRUMENTATION de Peter Flemming. Quoi de plus d’adon que ça. Ça m’a rappelé les mirobolants trophoux de Roch Plante, alias Réjean Ducharme, ces toiles constructions faites d’objets trouvés au hasard du Promeneur. Un regard dans l'oreille...





Puis après, à la salle Multi du Complexe Méduse, ORPHÉE 21, une impressionnante installation vidéo de monologues sur diverses tentatives de suicides orchestrée par Christian Lapointe et son équipe multidisciplinaire: Lionel Arnoul, Marc Doucet, Pierre-Olivier Fréchet-Martin, Sylvio Arriola, José Arriola, Anne-Marie Jean, Frédéric Cyr et Jean-François Gosselin. Une promenade à pieds secs dans le milieu humide de la mort...et de la résurrection.  





Photo: Marie-Christine Mathieu

Nous n’avons pu malheureusement restés plus qu'une demie-heure car la faim nous appelait. Nous sommes donc allés au plus proche resto, le TIERS TEMPS, coopérative de solidarité. Il est situé à même le complexe Méduse. On y sert une excellente cuisine flexitarienne, c'est-à-dire du cru, du végé et du goût. Nos papilles excitables ont donc fait la sublime découverte des boulettes eumatimi pour A. et du Napoléon cru (patates douces, pommes vertes, navet, coriandre) + le chili végé pour moi. Exquis ! Un vrai petit bonheur. Et un accueil absolument convivial. On y retournera, c’est sûr.








ON EST BIEN TU SEUL ENSEMBLE







Photos de DÉTOUR DE CHANT: