samedi 3 mai 2014

TRICK OR TREAT: Le coup du lapin





« BEN : On s'est pas très bien compris, d'abord. M'a te l'expliquer d'une autre façon. […] C'est pas yenque un gun qu'un gars achète quand un gars achète un gun d'un gars comme moé. […] Y'a des affaires qui vont avec. Toutes sortes d'affaires… »

Trick or Treat
Jean Marc Dalpé








Cracked, Ben, Mike, Dutrisac, des noms qui résonnent comme un coup de pelle dans le fond de ta petite cervelle de pro spectateur attaché à ta chaise avec du masking tape. TRICK OR TREAT, l’histoire de cinq gus qui vivent en bas de la ville, qui vont de bas en haut et de haut en bas, qui grillent les feux rouges d'un enfer blanc de neige, qui pètent le feu de Ben-gale, qui crashent en l'air sur le no future des scènes tapissées de rebondissements, qui font partie intégrante des petits et des grands écrans, qui se cachent des caméras dans le fond des bois, qui vivent dans les montagnes russes, ukrainiennes, polonaises, québécoises, montréalaises, japonaises, qui font ding dong, qui font dring dring, qui font drink drink, qui jouent à ca$h ca$h, qui vident les bars, qui remplissent les cendriers, qui vole sans leurs propres ailes, qui commentent les vraies affaires, qui sont dans la vraie vie...


Jean-Denis Beaudoin, Cracked
Photo: Yan Doublet


PREMIER ACTE nous a encore une fois gâtés pourri cette saison. Ils nous ont refait le coup du lapin: PAF! En plein dans le milieu de la patate, pareil comme ANNA P., FEMME NON-RÉÉDUCABLE et VENTRE. Fallait voir Jacques Leblanc en énigmatique pégreux de bas-étage  et entendre les rires que déclenchait sa magistrale interprétation de son polonais de Ben. Autour de lui, gravitant dans son univers bric-à-brac, de jeunes  électrons qui nous en ont fait voir de toutes les couleurs,  en particulier Jean-Denis Beaudoin, absolument génial avec son Cracked pompé à l’os, à chaud à 100 % du temps,  et Maxime Beauregard-Martin, tout en retenue, intimidé intimidant qui se... got yourself a gun...





Patric Saucier et Simon Lepage, dans leur excellent numéro de bar, nutritive et originale mise en bouche pour ce repas exceptionnel rempli de testostérone. On pouvait ressentir les liens d’affection/infection qui tournoyaient à spin dans leurs veines gonflées à bloc. Les ardents et magnifiques éclairages de Jean-François Labbé ont soutenu un texte tout à fait criant de réalité, celui de Jean Marc Dalpé, apportant un moyen PLUS à ce surplus de dés-armés. La retentissante mise en scène  de Olivia Palacci aura permis aux spectateurs comme moi, qui n’avaient pas encore vu cette pièce qui date de 1997, de découvrir des personnages plus grands que nature enfouis dans le béton crasseux de la ville mortifiante...


PRODUCTION: La Bête noire
TEXTE: Jean Marc Dalpé
MISE EN SCÈNE: Olivia Palacci
SCÉNOGRAPHIE: Karine Mecteau Bouchard
ÉCLAIRAGES: Jean-François Labbé
CONCEPTION VIDÉO: Eliot Laprise
DISTRIBUTION: Jean-Denis Beaudoin, Maxime Beauregard-Martin,
Jacques Leblanc, Simon Lepage, Patric Saucier



Une jack-o'-lantern traditionnelle (navet) irlandaise 
du début du XXe siècle exposée au Museum of Country Life 




Voilà, c’est fait, on pourra maintenant répéter à nos petits malfrats de fils de putes qu’on a pu se délecter du langage pur et dur des orduriers ménages quand ils s’embarquent dans des galères pas toujours faites pour les serpents à sonnettes des petites mers…




Parade d'intimidation entre mâles






Merci de nous avoir mis au pas Kamarades et de nous en avoir mis plein la gueule, ce fût une fête que de se faire démolir ainsi. Un merci spécial à Hugues Frenette, qui prenait part lui aussi à cette soirée de jeu, merci au nom du bonheur assouvi des conversations de l'impromptu. À la prochaine !

Do widzenia

Au revoir



LE COUP DU LAPIN

En effet, on tue traditionnellement le lapin par un coup direct derrière la nuque qui produit un traumatisme en hyper extension avec une fracture ou une luxation haute du rachis cervical entraînant des troubles neurologiques et la mort par lésion du bulbe rachidien.





Every way we ran united
Enemies made us so tired
Finally we’ve found the right way
Join with us and see…



Rabbit's hill
Trick or Treat



DERNIÈRES RECOMMENDATIONS: 
COMMENT ÉVITER LES SERPENTS À SONNETTES






« POWER CHANGES EVERYTHING »

samedi 26 avril 2014

FAIRE L'AMOUR: Les inondations de la pleine lune


Photo: L.L.


Au nom de quoi ne faudrait-il aimer qu’une seule personne dans sa vie, au nom de quoi aimer une personne empêche d’en aimer une autre, pourquoi ne pourrait-on pas aimer en même temps sept hommes, dix femmes, trois enfants et ce d’un amour tout aussi important et ravageur. D’où vient cette idée qu’il faut restreindre son cœur ? J’aime. J’aime aimer, j’aime l’être aussi et pourquoi ne pourrais-je pas, en plus d’ouvrir mon regard sur le monde et mon esprit, ouvrir tout grand mon cœur ?

Blue


Dans le lit de plumes des oiseaux de nuit
Autour de leurs cinq sens dessus dessous
L’amour qui donne des elles
L’amour qui fait des lui

Sous la couette chaude 
ou dans la fraîcheur du parc
Il vire au vent fou
Il parle à mi- mot
Il meurt en héros

On le fait par hasard un jour une nuit
On le refait mort ou vif
Tôt ou tard

elquidam, 27 avril 2014




CATCH THAT BUZZ
LOVE IS THE DRUG





Pas grand-chose de mal à écrire sur FAIRE L’AMOUR, ce somptueux morceau de tranches de vies remplies d’histoires à coucher à la belle étoile. Des comédiens qui vous font penser à des anges descendus d’un plafond d’éther, un amoncellement de papier mouchoir en guise de matelas, des prouesses érotiques sur son de pattes de chaises, de la musique live, de la danse, un beat saignant de cœurs amoureux, du bien, du mal, des mots qui parlent d’étreintes, de sexe, d’amour...et de mort…




Photo: Stéphane Bourgeois


Le Théâtre BIENVENUE AUX DAMES nous a importés dans leur affriolant musée de toiles vivantes, nous promenant à travers des histoires vraies, des belles, des cruelles, des vertes et des mûres, des dures et des crues, des pas piquées des vers par la soie brute et le coton ouaté en passant par la petite laine. Nous nous sommes ainsi réchauffés l’œil du cœur à écouter les talentueux comédiens que sont Anne-Marie Olivier, Maryse Lapierre, Eliot Laprise et Nicola-Frank Vachon, accompagnés musicalement par Mathieu Campagna. Fallait voir la lumière dans leurs yeux de feu, elle irradiait de partout, les éclairages de Christian Fontaine y étant sans doute pour ce grand quelque chose qui se vivait LÀ, dans le PÉRISCOPE de monsieur Frédéric Dubois, lieu sacré que nous irons à nouveau fréquenté assidûment la saison prochaine tant sa nouvelle programmation nous a plu....(à suivre)






Photos: L.L.


FAIRE L'AMOUR, comme une brûlante confidence faite sur la fraîcheur d'un oreiller moelleux, comme un grand livre ouvert qui prend 101 positions sur ce sexe humain qui n'en finit plus de s'ouvrir, comme une belle brassée de tendresse, de rires et de tristesse dans les eaux tièdes de l'immortalité en ce soir d'avant pleine lune...




Photo: Stéphane Bourgeois

C’est Véronique Côté qui a signé cette vaporeuse mise en scène, elle qui nous avait donné le magistral SCALPÉE de Anne-Marie Olivier. Il n’y a plus aucun doute quant à la qualité des œuvres auxquelles elles nous ont maintenant habitués, pour ne pas écrire habités, et c’est tout à leur honneur que de les avoir ICI et MAINTENANT à nos côtés, dans ces tunnels de soleil et abris sombres que nous offrent les différentes scènes de la Capitale. Ces femmes font de leur théâtre un art de vivre… et de mourir…

" Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux de l'invention de ce qui n'existe pas encore, les lieux de l'interrogation d'hier, les lieux du questionnement. Ils sont notre belle propriété, nos maisons, à tous et à chacun. Les impressionnants bâtiments de la certitude définitive, nous n'en manquons pas, cessons d'en construire..."

Jean-Luc Lagarce





mercredi 2 avril 2014

ANNA P. FEMME NON RÉ-ÉDUCABLE: Connais-tu ton Vladimir ?

1969

2014




                                     http://www.liveinternet.ru/users/2363719/post112476375/


L'AIGLE DU CAUCASE

Nicolas Sébastien Adam (le Jeune)
entre 1731  et 1762
Musée du Louvre


Le JAB a trois fonctions principales: 

1) garder l'adversaire à distance
2) gêner l'adversaire dans ses démarches
3) et surtout permettre une construction du jeu offensif (préparer une suite d'actions pour trouver des     ouvertures)

Source: wikipedia





On ne prend pas réellement plaisir à voir une pièce sur l’assassinat d'Anna Politkovskaïa, née à New-York de parents diplomates russes, qui n’a pas eu peur de se mouiller en rapportant les combats et les injustices auxquels elle a assisté en tant que journaliste. ANNA P. FEMME NON RÉ-ÉDUCABLE, nous a transportés de notre chaise du théâtre PREMIER ACTE directement sous le grill de ce four chaud qu'est le Caucase.




Ce que l’on savait déjà sur elle, ce que l’on a su de plus, ce qui nous a été donné de voir en live, ce qu’on a pu ressentir, pressentir: le bien, le mal, le dégoût, l’espoir, la faim, entremêlés dans le ruisseau de la peur. Accompagnant l’odeur persistante et alléchante des pilons grillés: celle du sang, de l’encre, du papier, du sel des larmes séchées. Olivier Lépine a réalisé cette mise en scène pétante de vie et de violence, remplie de morts, de viols et d'exactions de toutes sortes. Il a admirablement bien dirigé les six comédiens qui semblaient très à l’aise d’interagir avec un public à la portée de leurs répliques.


Photo: courtoisie PREMIER ACTE

Le quizz CONNAIS-TU TON VLADIMIR ? en a fait preuve. (En passant, Vladimir a 61 ans et mesure 5 pieds 5 pouces). Olivier Lépine a également fait la scénographie, fertile en rebondissements de toutes sortes avec deux super écrans propagandistes, quelques postes de télé neigeux, un bassin d’eau tombeau/berceau, des feuilles de journaux délivrés aux portes de l’actualité, de la vodka embouteillée dans les gosiers, des draps tachés du sang des armes qui font taratata, de la boucane qui donne aux lumières, tantôt dépouillées, tantôt révolutionnaires, un relief gonflé au brun noir du sang qui revolait un peu partout... 



La vraie Anna P.

Le jour où l'on a appris sa mort

https://www.youtube.com/watch?v=DeCVx7PRthw


Les comédiens formaient à eux six le personnage d'Anna P., ils nous l’ont tous et toutes dépeinte à travers ses écrits qu’elle nous aura laissés pour la postérité. Je dois avouer que j’ai cependant eu un petit faible pour la Anna jouée par Xenia Chernyshova, de nationalité ukrainienne, connue également pour faire partie des FEMEN, elle était bouleversante de vérité. Ce rôle lui allait comme un gant (de boxe). Ses jabs historiques pour mettre KO un système russe de plus en plus corrompu resteront gravés dans nos mémoires longtemps. La méthode du poison dans le thé ne l’ayant pas tuée, on aura plutôt préféré employer celle d’un prince des ténèbres anonyme pour la mettre hors d’ondes à tout jamais...




Le " lutteur " de la Tchétchénie






ANNA P. FEMME NON RÉ-ÉDUCABLE

PRODUCTIONPortrait-Robot
TEXTE: Stefano Massini
TRADUCTION: Pietro Pizzuti
TEXTES AJOUTÉS: Équipe de création
MISE EN SCÈNE: Olivier Lépine
SCÉNOGRAPHIE: Olivier Lépine
ASSISTANCE À LA SCÉNOGRAPHIE: Julie Lévesque
LUMIÈRES: Caroline Ross
MUSIQUE: Josué Beaucage

DISTRIBUTION

Ariane Bérubé
Xenia Chernyshova
Eliot Laprise
Jean-René Moisan
Maxime Perron
Annabelle Pelletier Legros
  



 Et dire que Vladimir n'a que 61 ans...et que ça cote monte encore...




Photos de PREMIER ACTE:
https://www.flickr.com/photos/50973761@N08/sets/72157642298027185/with/13128488333/




La Tchétchénie à Moscou


La Tchétchénie à Boston




OCTOBRE ROUGE
AVRIL SANGLANT

On ne peut pas ne pas y penser

Ils sont là,
juste à côté de nous

sur le trottoir,
dans le bus

AU THÉÂTRE

dans les avions,
sur les bateaux,
sous l'eau
sur terre
dans les berceaux
et les cimetières

elquidam
2 avril 2014


R.I.P. Anna


mercredi 26 mars 2014

FROZEN (OCÉAN ARCTIQUE): Le fils de l'anarchie


Photo: Nicola-Frank Vachon





Une petite laine pour réchauffer les âmes de Rosie et de Ralph.
Et pour Nancy et Agnetha, des ciseaux. Pour les couper d'eux.


La première fois où j’ai entendu parler de FROZEN (Océan Arctique), c’était lors du lancement de la saison 2013-2014 du Théâtre de La Bordée, il y a donc environ un an de ça. Après que Jacques Leblanc, le chaleureux maître de ce théâtre abordéable et si bienveillant, nous ait parlé du sujet de la pièce, et qu’il ait prononcé le nom de celui qui interpréterait le rôle de Ralph, kidnappeur et tueur d’enfants, mon cœur n’a fait qu’un bond: Éric Leblanc jouerait donc dans cette pièce de Bryony Lavery, dans une mise en scène de Jeremy Peter Allen, mais que nous ne verrions que dans un an environ, soit le 20 mars 2014. Aujourd’hui, le mercredi 26 mars, je puis écrire que la longue attente en a aura valu largement la peine…et le bonheur…




Le jour même, nous apprenions, ô malheureux hasard, que Guy Turcotte aurait droit à un nouveau procès pour le meurtre de ses deux chérubins.Triste réalité, s’il en est une, que de se faire enlever si odieusement ceux et celles que nous chérissons le plus au monde et pour qui nous aurions donné notre vie en échange de la leur, ne serait-ce que pour apaiser temporairement la folie de ces tueurs terrorisant la chair de leur chair. Mais l’ex-cardiologue, n’étant pas vraiment un tueur en série, quoique ce qu’il a fait a vraisemblablement contribué à éliminer une partie des bons sentiments qui devaient l’animer alors qu’il jouait consciencieusement dans le cœur malade de ses nombreux patients, demeurera encore pour longtemps un sujet vif d'incompréhension totale pour la plupart d'entre nous qui ne pratiquons ni médecine et encore moins la psychiatrie.



CHANSON DU MAL-AIMÉ
(Guillaume Apollinaire)



Il aura fallu vingt ans avant que le tueur de la petite Rosie, 10 ans, se fasse prendre. Mais il n'aura fallu que quelques heures à peine, après que Nancy, la mère affligée, le rencontre face à face dans sa cellule, pour qu’il aille se pendre, meurtri lui-même par les gestes qu'il avait commis. Un triste histoire comme on en entend parler souvent. J'ai eu une pensée pour Cédrika Provencher, qui attend peut-être elle aussi en quelque part qu'on la retrouve sous un épais manteau de neige ou dans un sous-sol désaffecté...





Marie-Ginette Guay, avec son immense talent, nous aura hautement émus, encore une fois. C’est toujours une belle douleur que de la voir se donner autant pour nous. Sa modestie nous a tenus en haleine jusqu’à la toute dernière réplique. Nancy Bernier, en Agnetha psychiatre chercheuse tâteuse de pouls dedans la tête, nous en a fait voir de toutes les couleurs avec ses propres bibittes. On se pose un tas de questions après avoir assisté à une telle pièce: Que vit celui ou celle qui nous soigne ? Que peut-il apporter de plus humain à celui ou celle qui se retrouve seul ( e )  à nager en rond dans sa cage de glace avec les esprits malicieux de la folie passagère ? Où se terre, le temps d’une conversation amicale, cette chaleur humaine qui pourrait faire fondre le malheur de l’assaillant ou encore la douleur de l'assailli ?



Photo: L.Langlois, mars 2008


Quand la neige et le gel recouvrent la devanture de ta maison,
que tu cherches la porte, les fenêtres et le perron;

Qu'après l'hiver et le vent tu sacres,
que tu balaies encore tes marches,
 Affûte donc, à tort ou à raison,
 le fer froid de ta hache,
pour y faire fondre en quatre
tes murs de glace 

L.L.


Crâne de glace




Un enfant naît supposément innocent, mais qui sait ? Qui sait si les eaux dans lesquelles il a nagé pendant sa gestation n’étaient pas souillées par l’alcool, la drogue, le tabac, les coups de poings sur la gueule, les coups de pieds au ventre, les brûlures aux bras, les engelures aux doigts, les viols répétitifs du père ou l'inceste de la mère ?  Qui sait ? Qui sait vraiment ? Agnetha le sait.





Lundi dernier, j’ai eu le privilège furtif de rencontrer Éric Leblanc lors du lancement de la saison 2014-2015 du Théâtre Périscope. Parce qu’il sera du PÉRIPLE en septembre prochain dans l’autobus jaune d’Agnès Zacharie. Un autre privilège qui me sera accordé, soit celui de faire partie des 32 spectateurs  « à la fois » qui, je le pense, auront une autre de ses doses d’émerveillement à se faire shooter dans le ciboulot ! Quoi de plus pur, et moins dur, que des marionnettes miniatures pour manipuler le Verbe avec des mains habiles de magiciens ? Nous avons échangé quelques mots avec deux autres spectateurs qui avaient vu FROZEN eux aussi. Nous avions également de beaux becs bien sucrés ;-), c'est que la tire d'érable chaude coulait à flot sur la neige bien encastrée dans le rectangle glacé de cet fin d'hiver...infinie...Nous étions alors moins sur nos gardes et bien loin de l'Écosse, de Ralph et de Rosie...« Bonjour, là, bonjour ! »







Six minutes pour explorer le cerveau d’un tueur en série





Photos de la pièce: Nicola-Frank Vachon
http://nfvphotography.wordpress.com/2014/03/05/frozen/




Photo: Denis-F. Doyon, dit Le Coyote inquiet, mars 2014

J'entends de près le craquement de ton pas au loin,
je vois la lumière dans le fond de ton âme de glace;
Je touche presque au bout de la corde de ton cœur,
Je passe avec le vent, sous le pont de tes malheurs.

L.L.







samedi 22 mars 2014

MOIS D'AOÛT, OSAGE COUNTY: Un bijou de famille




LIFE IS LONG
T.S. Eliot


HERE TODAY GONE TOMORROW
SILVERSTEIN



There is a place where the sidewalk ends
And before the street begins,
And there the grass grows soft and white,
And there the sun burns crimson bright,
And there the moon-bird rests from his flight
To cool in the peppermint wind.
Let us leave this place where the smoke blows black
And the dark street winds and bends.
Past the pits where the asphalt flowers grow
We shall walk with a walk that is measured and slow,
And watch where the chalk-white arrows go
To the place where the sidewalk ends.
Yes we'll walk with a walk that is measured and slow,
And we'll go where the chalk-white arrows go,
For the children, they mark, and the children, they know
The place where the sidewalk ends.



Photo de famille: Théâtre du Trident

https://www.youtube.com/watch?v=DwGySQT4a7c



L’une des pièces les plus attendues de cette éclectique saison: MOIS D’AOÛT, OSAGE COUNTY, avec une ribambelle de fabuleux comédiens et comédiennes de Québec, dans une mise en scène des plus colossale, celle de Jean-Philippe Joubert, alimentée d'un décor maison signé Monique Dion, éclairée par un génie de la lampe, variateur de lumière douce ou intense, Sonoyo Nishikawa, et de la musique LIVE, celle de la phénoménale Émilie Clepper. La voici dans LAKE GENEVA, l'une des huit superbes chansons qu'elle a faites devant nous, public en transes...





La lumière des plaines, les amours tordus, les amours secrètes, la mort au fond des bouteilles, d'alcool ou de pilules, la vie au bord des lèvres secs ou pulpeuses, les regards déviés, la courbature des reins, la rondeurs des seins, les cheveux blonds, les cheveux gris, c'est la famille Weston, faite d'éclatements, de rapprochements, d'arrivées et de départs. Violet et ses filles, Barbara, Ivy et Karen, avec le fantôme omniprésent de Beverly, mari, père, poète, alcoolique, pivot central en quelque sorte de cette super comédie dramatique, nous ont complètement absorbés  dans leurs histoires à ne pas dormir debout.

LES FEMMES: Marie-Josée Bastien, éclatante, Véronique Côté, blousante, Érika Gagnon, magnanime, Marie Gignac, tordante, Marianne Marceau, pétillante, Chantal Dupuis, rafraîchissante et Paule Savard, époustouflante ! LES HOMMES: Réjean Vallée, bienveillant, Marco Poulin, énergique, Nicolas Létourneau, fascinant, Normand Bissonnette, hallucinant, Emmanuel Bédard, affable et Jack Robitaille, consistant.

Trois heures trente, avec entracte, qui ont défilé mur à mur à la vitesse de la lumière dans nos petites têtes fin prêtes à se faire remplir de ce monde bâti de secrets, de blessures et d’amour. Et pour rien au monde nous n’aurions voulu autre chose que de faire partie de ce magnifique chaos d’émotions pures. Ça fait du bien de se voir dans un miroir à deux faces…de temps en temps...HERE TODAY GONE TOMORROW...






Merci à la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, qui a eu le flair heureux de nous présenter cette pièce fleuve de Tracy Letts, prix Pulitzer 2008. Mr Letts, né à Tulsa en Oklahoma, est fils d’auteur et d’acteur, il est également acteur (boss de la CIA dans HOMELAND entre autres) et scénariste. Et c'est ce soir, deux semaines passées après avoir vu son oeuvre, que j’apprends via wikipedia l'authentique fin de l'histoire, celle du père et du fils...

Dennis Letts originated the role of Beverly Weston in the original production of August: Osage County, which was written by his son, Tracy LettsHis character is described as an " Oklahoma patriarch " whose mysterious disappearance reunites his dysfunctional family. August: Osage County first opened at the Steppenwolf Theatre Company in the summer of 2007. The show, as well as Letts's performance, was a critical success. Letts was diagnosed with lung cancer in September 2007. Despite his diagnosis, Letts chose to remain with the August: Osage County production as the show moved to New York city. The show, with Letts as a full cast member, debuted on Broadway in December 2007. It earned some of the best critical reviews of that particular season. Letts continued performing eight shows a week of August: Osage County in New York City until February 2008. He kept up his schedule despite his illness and its treatment. Letts died in Tulsa, Oklahoma, on February 22, 2008, at the age of 73. A memorial service was held in Wagoner, Oklahoma. He was survived by his wife, Billie, and sons, Tracy, Dana and Shawn.


Dennis Letts, Billie Letts, Tracy Letts


OSAGE COUNTY, c’est aussi Québec, Rivière-du-Loup, Regina, Mégantic, L'Isle Verte, Laval, Burlington, Issoudun, Laurier Station, Rimouski, Roberval…Et les Plaines, le Fleuve dans le long en large de notre Hiver interminable...



Rue St-Joseph Est, Basse-Ville de Québec, 
le 20 mars 2014
Photo: L.Langlois



MOIS D'AOÛT, OSAGE COUNTY en répétition





Au pays de Beverly Weston
là où il avait vécu...dans une Pontiac

GHOSTS OF OSAGE COUNTY, OKLAHOMA




OKIE

VIVRE DANS UNE VOITURE

TRIBU DES OSAGE